Retrouvez le plaisir du dialogue avec vos publics !

picto orangeRetrouver le plaisir du dialogue face à un public, c’est sortir des postures et des discours formatés. C’est renoncer à des règles et principes de communication mécaniques, des « yakafaukon » dont, bien souvent, on a perdu le sens.

Les « communicants » et autres experts en décryptage de la communication non-verbale ont parfois, malheureusement, des idées toutes faites. « Monsieur, il faut montrer que vous n’êtes pas content, alors vous croisez les bras et vous baissez la tête. » Le « Monsieur », qui fait confiance à son communiquant, croise les bras et baisse la tête. Il n’ose pas le dire mais il ne le sent pas. Voire, il se sent ridicule. Pourquoi ? Parce qu’on vient de lui imposer une forme corporelle pour véhiculer un « fond » (ici, un sentiment). Au-delà de la naïveté du procédé, les dégâts peuvent être considérables. Car le public n’est pas dupe. Confrères, collaborateurs, équipe de direction, investisseurs, tous sentiront ou percevront que « Monsieur » n’est pas naturel. Il « joue à jouer ». Mais, au fond, il n’est pas lui-même. Il n’est pas crédible. Et cela peut susciter agacement, déception, suspicion, désintérêt…

Un autre exemple permet d’illustrer l’importance du dialogue face à un public. Dans les présentations à plusieurs, il est très désagréable pour l’auditoire de sentir une absence de dialogue entre les co-présentateurs. Ce dialogue passe par la cohésion et la coordination entre eux.

Pour que le public ait du plaisir à suivre le discours, ces derniers travailleront particulièrement leurs transitions verbales (« je vais maintenant laisser la parole à… »), qui seront accompagnées de gestes ou de déplacements. L’art de la transition n’a rien d’évident et pourtant c’est souvent dans ces moments que se perd ou se regagne l’attention du public. Celui qui ne propose pas une bonne transition au présentateur suivant le met en position délicate pour entamer son intervention. Notre expérience montre qu’une transition, verbale et gestuelle, se travaille longtemps pour donner une impression naturelle de fluidité. Et la meilleure façon d’y parvenir n’est pas de donner des consignes aux co-présentateurs : « Placez-vous ici, faites ceci, dites cela » mais de leur laisser un espace d’expérimentation et de jeu pour tester différentes options et choisir celle dans laquelle ils se sentent le plus confortables. L’attention au ressenti de chacun est fondamentale.

Pendant nos séances de coaching et de répétition, nous avons observé que dès que les présentateurs prennent du plaisir à construire leur propre mise en scène, sur la base de leurs ressentis (et, en intégrant nos retours ou nos conseils techniques sur le rapport à la lumière, par exemple), ils deviennent plus créatifs et trouvent des solutions, parfois originales, pour contourner habilement les obstacles liés à la disposition de la salle, de la table, du pupitre, de l’écran, etc. Ils construisent ainsi les conditions d’un dialogue entre les co-présentateurs, ce qui va naturellement rejaillir sur le public. L’interactivité avec celui-ci n’a pas besoin de se matérialiser sous forme de questions-réponses : si elle existe sur scène, et qu’elle n’est pas factice mais naturelle, elle provoque chez le public l’impression d’être inclus dans une conversation à plusieurs.

Chacun est alors invité dans un dialogue multiple qui favorise l’écoute et procure autant de plaisir à véhiculer un message qu’à le recevoir.