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Est-il toujours efficace de « prendre » la parole ?

Un des membres du CoDir a tendance à s’exprimer souvent et longtemps pendant nos réunions. Lorsqu’il anime une conférence ou une formation, il « tire la couverture » à lui. Nous sommes plusieurs à penser que ce n’est pas bon ni pour lui, ni pour son auditoire, mais en même temps il obtient des résultats. Que penser de son comportement ? Est-il vraiment efficace ? (CEO, entreprise innovante)

Anne : La situation que vous décrivez n’est pas rare. Il est probable que votre collaborateur se croit obligé d’avoir (ou se sent bien) dans une posture qui suscite l’attention et l’écoute des autres. Les raisons peuvent être nombreuses, toutefois il est important qu’il apprenne à être dans l’écoute aussi bien que dans la parole. Le silence et l’écoute sont tout aussi porteurs de sens que le discours lui-même. Toute situation requiert une alternance, au moment juste, entre parole et écoute. Même lorsqu’on intervient dans une conférence, les moments de silence sont importants et doivent être acceptés. Même si la « peur des blancs » peut amener certaines personnes à vouloir remplir les vides et les silences – souvent au détriment de la qualité de leur intervention !

Alexandre : Sur une piste de cirque ou un plateau de théâtre, on parle de « celui qui est éclairé » et de « celui qui éclaire ». Les deux postures sont complémentaires et les partenaires de jeu peuvent en changer au cours de la pièce ou du numéro. Un numéro réussi (c’est-à-dire dans lequel le spectateur ne s’ennuie pas et a le sentiment que quelque chose se passe entre les interprètes sur scène) se construit sur ces changements de posture. Tout bon interprète doit être capable d’être éclairé ou d’être celui qui éclaire.