Ecoutez votre auditoire… pour mieux le captiver !

Bertrand, jeune ingénieur et chef de projet, nous fait part de son expérience :
« Le Comité de Direction de mon entreprise, souhaitant décider  des axes d’évolution  de mon projet, m’a accordé 10 minutes pour présenter l’avancement de celui-ci. Prévenu à l’avance par mon supérieur, j’ai soigneusement préparé mes Powerpoint et ce que je voulais dire. Selon moi, c’était concis, car un état des lieux précis aurait nécessité bien plus de 10 minutes. Hélas, lors de ma présentation, j’ai  dépassé mon temps de parole bien avant d’avoir pu aborder tous les thèmes que je souhaitais et j’ai dû m’interrompre. Je crains donc que le Comité de Direction ne juge mon projet sans importance. Cela me désole d’autant plus que ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Pourtant, dans la vie courante, je ne suis pas spécialement bavard. »

Que nous enseigne ce qui est arrivé à Bertrand ?

Tout d’abord, Bertrand ne nous a pas dit s’il avait pu répéter avant de faire sa présentation. S’il l’a fait, a-t-il pensé à vérifier que ce qu’il voulait dire tiendrait dans le format de temps qui lui était imposé ?

A son total crédit, Bertrand paraît motivé par son projet. Et il semble précis et consciencieux : il connait son sujet en détail et a minutieusement préparé sa présentation. Hélas, ceci l’a sans doute conduit à affronter deux difficultés :

D’abord, « bien communiquer » ne signifie pas « tout communiquer » : Bertrand, devant son Comité de Direction, est en situation de vente : celle de son projet et de l’avenir de celui-ci. Dans un tel cas, il est préférable d’utiliser la conviction, qui passe par la prise en compte des attentes et les besoins de ses « clients », plutôt que l’argumentation,  option sans doute  choisie Bertrand, qui nécessite présentation des détails et démonstration, ce qui est difficile lorsqu’on dispose d’un temps de parole limité.

Ensuite, Bertrand, passionné par son projet, s’est probablement, pendant sa présentation, intéressé beaucoup plus à son sujet qu’à son auditoire. Même si – et nous l’espérons- Bertrand n’est pas resté les yeux rivés sur ses notes, a t’il identifié les marques d’intérêt ou de désintérêt de chacun, a-t-il senti les moments où ses auditeurs décrochaient, les apartés plus ou moins chuchotés, les nez dans les dossiers, les yeux dans le vague ou rivés sur l’écran du smartphone ? A-t-il été capable de décoder tous ces signaux pour passer rapidement sur certains points et  insister sur ceux qui intéressaient visiblement l’auditoire ? Peut-être n’a-t-il même pas vu les mimiques désespérées de son patron qui lui enjoignait « d’accélérer » ?

Savoir gérer son temps de parole n’est pas qu’une affaire de longueur de discours. Cela repose aussi sur la capacité du présentateur d’être à l’écoute de son public.

Prendre en compte son public et ses attentes et surtout être à l’affût de tous les messages que celui-ci envoie, sont des clés qui vont permettre de communiquer à ses auditeurs l’essentiel  et de terminer dans les temps, donc de réussir sa présentation. Communiquer, c’est aussi écouter les autres !

Françoise Goullieux