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Conférence… ou débat ?

Quand Paul nous parle d’une conférence qu’il doit animer le surlendemain, il ne semble ni inquiet ni enthousiaste. Au premier abord du moins. Il connaît parfaitement le sujet – il est même l’auteur d’un livre sur la thématique du débat. L’auditoire sera peu nombreux (30 personnes). Il enseigne régulièrement à l’université et ses étudiants l’apprécient. Il est donc habitué à prendre la parole en public. Qu’a-t-il donc à apprendre de nous ? En guise de préparation, que peut-il faire de plus que d’écrire le texte d’introduction ?

Une clarification s’impose : s’agit-il d’une conférence ou d’un débat ? La distinction est de taille car elle conditionne d’une part les attentes du public et, d’autre part le déroulé et la forme des interventions. Au cours de la discussion, il nous apparaît que Paul serait nettement plus à son aise dans un format « conférence », ce qui explique qu’il utilise ce terme. Dans une conférence, les trois intervenants (dont il fait partie) pourraient chacun faire un exposé. Les questions de la salle viendraient ensuite, si le timing le permet. Dans son rôle d’animateur, il n’aurait qu’à passer simplement la parole à chacun. En revanche, en tant qu’exposant, il pourrait donner à voir ses qualités pédagogiques sur son sujet préféré. Quoi de plus confortable ? Malheureusement, ce n’est pas ce qui est attendu dans cette situation. Le débat suppose des échanges contradictoires. Et, de fait, nous apprenons qu’à la tribune comme dans la salle se trouvent des personnes dont les points de vue sont à l’opposé de ceux de Paul. Paul réalise que le format « débat » peut donner lieu à des débordements, des « sorties de route », y compris les siennes ! Il n’est pas certain de pouvoir maîtriser de bout en bout, tel un Monsieur Loyal au cirque, le déroulement de l’après-midi. Il doit apprendre son rôle. Qui commence par une entrée en matière et non pas une introduction écrite et structurée de façon littéraire. Paul retravaille son texte, s’exerce à s’en détacher et à réagir face à l’imprévu.