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Comment faire bon usage de notre « elevator speech » ?

Notre agence de com’ nous a fait travailler sur un « elevator speech » et notre groupe d’associés dispose désormais d’un texte en format court (quelques dizaines de secondes), format moyen (3-4 minutes) et même en format long pour parler du cabinet et de ces activités. Il s’agit maintenant de l’utiliser mais les avis divergent sur ce qu’il convient de faire. Qu’en pensez-vous ? (Associé, cabinet d’avocats d’affaires)

Anne : Il n’est pas rare en effet que le travail sur un « elevator speech » (ou quel que soit le nom que l’on donne à cette présentation orale très courte qui doit pouvoir convaincre un inconnu rencontré dans un ascenseur de vous donner sa carte de visite ou de planifier un rendez-vous) s’arrête à la rédaction d’un texte. C’est en général à ce stade qu’on prend conscience de ses difficultés à interagir en public, dans un cocktail ou une réunion. Avoir un elevator speech sous la main est une aide précieuse pour « avoir quelque chose à dire » mais ne suffit pas. D’abord parce que le contexte ne se prête pas nécessairement à débiter un texte tout préparé, et ensuite parce qu’il a été démontré (ce que beaucoup d’entre nous ressentent intuitivement) que ce qui impressionne – au sens photographique du terme – ce n’est pas forcément les mots ou le discours mais la présence avec laquelle on les prononce, et, par ailleurs, l’intérêt que l’on va manifester pour son interlocuteur (en engageant par exemple un échange par des questions). Il ressort donc que dans certains contextes, savoir poser des questions est plus important que connaître son elevator speech ! Quant à la présence, c’est-à-dire ce qui se dégage de nous quand nous nous adressons à quelqu’un (Avons-nous l’air intimidé ou à l’aise ? Avons-nous l’air de nous ennuyer ou de nous intéresser à ce qui nous entoure ?), elle se travaille en plus du texte et, d’une certaine façon, en dehors de celui-ci. L’appropriation de l’elevator speech peut donc se faire à partir de mises en situation qui permettront  à chacun de s’exercer à utiliser des versions adaptées du texte initial, tout en prêtant attention à sa présence.

Alexandre : En théâtre, un texte, si bon soit-il, n’est jamais suffisant pour faire un bon spectacle. Et l’apprentissage même de ce texte a un impact direct sur la qualité du jeu et de l’interprétation. Depuis notre passage à l’école primaire, nous utilisons volontiers l’expression « apprendre par cœur » pour exprimer le fait que nous sommes capables de réciter un texte mot à mot. Je préfèrerais qu’on utilise, dans ce cas, « apprendre par tête », car je ne vois aucun sentiment ou aucune émotion dans cette façon d’apprendre : on fait seulement appel à une mémoire mentale. Un acteur qui a appris son texte « par tête » n’ira pas très loin face à son public. En revanche, apprendre « par cœur » (mémoire affective) et, surtout, apprendre « par corps » (mémoire sensorielle) engagent le comédien de façon bien plus intéressante et efficace dans son jeu.