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Capter l’attention de son public : une histoire de « mise en lumière »…

Dan Ariely, professeur de psychologie et d’économie comportementale à Duke University (NC), fondateur du Center for Advanced Hindsight et auteur de nombreux ouvrages sur l’irrationnel et la prise de décision, présente ses travaux sur la motivation au travail dans le cadre des conférences TED.** Pour voir la conférence : http://www.ted.com/talks/dan_ariely_what_makes_us_feel_good_about_our_work.html

« Qu’est-ce qui nous motive dans notre travail ? » Certes, le sujet choisi par Dan Ariely est en soi un gage d’intérêt, mais cela suffit-il à retenir l’attention d’un tel public ? Comment s’y prend-il pour captiver l’attention de celui-ci tout au long de sa présentation ? C’est ce que nous allons analyser.

Sa présentation est structurée et organisée. Une fois éveillé l’intérêt de l’auditoire à travers l’énoncé du sujet, l’exposé de chacun des trois thèmes qui fondent sa démonstration (l’argent occupe une place secondaire dans la motivation ;  celle-ci s’ancre dans la reconnaissance « relationnelle » du travail accompli ; l’effort que l’individu fournit pour  atteindre le résultat attendu donne du sens à son travail) suit une logique identique : d’abord un exemple concret « moteur » de l’explication des travaux de Dan Ariely sur le thème, puis une présentation simple de ces travaux et de leurs résultats, suivie d’une conclusion percutante qui permet également une transition vers le thème suivant.

En appui à sa présentation, si Dan Ariely utilise un diaporama Powerpoint, c’est uniquement pour formaliser ses travaux, et chaque image est extrêmement facile et rapide à lire ; ce diaporama aide à visualiser la démonstration, mais n’en est pas le corps.

Son discours est fluide, maîtrisé et utilise des éléments de langage accessibles: des phrases courtes, des mots peu « techniques » et souvent répétés, pour assurer la continuité de sa démonstration.
La présentation de Dan Ariely prend en compte son auditoire avec des recommandations et des exemples liés tant à l’univers professionnel qu’à des expériences que chacun a pu vivre.
Il utilise l’humour, mais sans excès et n’y ajoute une dose de provocation qu’en dernière partie d’exposé.

Sa voix, bien timbrée, reste dans une modulation moyenne, agréable et présente, porteuse d’une humeur espiègle, mais pourtant s’effaçant devant son sujet, à la façon d’une voix « off » dans un film.

Son attitude n’est pas de celle du « show-man ». Il a délibérément choisi de ne pas jouer au bateleur, et pourtant sa présence est indéniable : sans grands effets de manches et plutôt statique et, on le sent pourtant équilibré et serein, sans aucune raideur dans son maintien.
Il n’occupe d’ailleurs pas vraiment le centre de la scène : il s’est placé de côté, comme s’il laissait toute la place au message qu’il veut faire passer.

On l’a compris, la force de Dan Ariely est d’avoir choisi de se mettre, ainsi que tous les outils qu’il utilise, au service de son sujet : il le place ainsi en pleine lumière.

Françoise Goullieux

** Les conférences TED ont pour objectif mettre gratuitement à la disposition du public un large éventail de sujets autour des recherches et pratiques scientifiques et culturelles. Les intervenants ont 18 minutes pour présenter leurs idées et expériences de façon innovante et excitante devant une audience nombreuse et de très bon niveau.