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Caméra ou pas caméra ?

La plupart des formations « prise de parole en public » mettent en avant l’utilisation de la caméra. Et vous, quel usage en faites-vous ? En quoi est-ce un outil pédagogique important ? (Directeur des Ressources Humaines)

Alexandre del Perugia :
Nous utilisons la caméra de façon modérée et dans certaines conditions seulement. En effet, l’expérience nous a montré que « se voir à l’écran » n’est pas une condition suffisante pour progresser. C’est même parfois l’inverse, tant l’effet peut être négatif et décourageant. Car notre tendance première est de nous juger. Nous allons donc pointer chez nous ce qui, selon nous, ne va pas. Par exemple, je vois que j’ai le dos voûté ou que je croise les bras systématiquement. Et cela ne me plaît pas. Donc je vais essayer de me corriger… Mais pourquoi donc ? Il peut être nécessaire, dans une situation spécifique, de se voûter ou de se recroqueviller pour signifier quelque chose à son public. L’important est de savoir le faire en conscience et au moment juste, en rapport avec le message que l’on veut envoyer. La caméra peut donc servir dans un premier temps de révélateur de comportements ou de postures automatiques. Mais encore faut-il pouvoir sortir de ces automatismes pour accéder à une liberté dans sa façon de bouger, de se tenir, etc. La caméra ne permet pas cela : il ne suffit pas de (sa)voir pour pouvoir changer. Le changement, en la matière, passe par les sensations. Et si, pendant que nous sommes en public, nous pensons sans cesse « à nous tenir droit », nous perdons la présence.

Anne Girard :
Il nous arrive d’utiliser la caméra lorsque la personne souhaite se préparer à une prise de parole qui sera filmée (interview télé, conférence etc.) Dans ce cas, la caméra n’est pas un outil pédagogique mais une composante de la situation avec laquelle il faut se familiariser. N’oublions jamais qu’au cinéma, les acteurs ne se préoccupent pas de la façon dont ils vont être filmés : cette responsabilité revient au chef opérateur ou au réalisateur. En revanche, savoir qu’on est filmé est souvent source de stress supplémentaire et c’est sur cet aspect-là qu’on nous demande d’intervenir.